Alors que la RDC s’est assigné un objectif de 6 millions d’enfants à l’école pour l’année 2014, les enquêtes menées par certaines organisations de la société civile montrent que les filles ne parviennent pas à finir les études.  « Lors de l’inscription des filles à l’école primaire, elles sont nombreuses, mais la chose la plus étonnante est de voir qu’après l’école primaire, il y a déperdition.» dit à FAF Balagizi Goreth, inspectrice à l’Enseignement Primaire Secondaire et professionnel (EPSP) au Sud Kivu.
L’organisation non gouvernementale IDHE, Innovation pour les droits de l’Homme et de l’Environnement a démontré dans une enquête que près de 30% des filles n’arrivent pas à finir le programme scolaire. Les us et coutumes, l’insécurité, le manque de moyens freinent, entre autres, l’éducation de la femme et de la fille.  « Nous avons identifiés ce problème et cela nous a poussé à mener des enquêtes dans la ville de Bukavu, à Katana et à Kabare centre » s’exprime à la rédaction de Femme-Au-Fone (FAF), Sylvain Bugeme, chargé de programme  de IDHE.

Selon une étude mené au Sud-Kivu par l’UNICEF en février 2013, la fréquentation des filles au primaire est de 69,1% et régresse jusqu’à 26, 4% à l’école secondaire. Globalement, près de 54,1 % des filles ne sont pas scolarisées.
De la radio au porte à porte, l’Unicef a mandaté en milieux ruraux près de 10 organisations locales  pour sensibiliser les parents. « Avant l’année 2013, nous procédions par des sensibilisations à travers les radios, les églises, le mégaphone, mais cela ne nous a pas permis d’atteindre les résultats voulus. Mais avec la nouvelle stratégie de porte à porte, nous espérons atteindre  bons résultats dans les prochaines années ». Informe à FAF Emmanuel Tchibangu, responsable du programme éducation au sein de l’Unicef à Bukavu.

Responsabilité des parents et de l’Etat congolais

Souvent, lorsque le revenu familial devient insuffisant, les parents préfèrent  scolariser les enfants garçons. Vu le contexte socioculturel dans lequel sont éduqué les hommes et les femmes, la femme et la jeune fille sont considérée comme des créatures inférieures à l’homme. « Je pense que les sensibilisations doivent être orientées non seulement vers les enseignants, mais encore plus vers les parents qui jouent un grand rôle dans la prise en charge des enfants ». Insiste Jean-luc, habitant de Kabare interviewé par (FAF)
Partenaire des autorités congolaises, l’Unicef procède à plusieurs stratégies dont les sensibilisations des communautés sur l’importance de la scolarité des enfants, et à la  donation des objets classiques (stylos, cahiers, étuis, crayons, gomme, etc.)  Auprès des enfants issues des familles moins nantis. « Cela vient en aide à certaines familles, mais l’Etat congolais doit aussi prendre ses responsabilités. Nous, nous continuons à plaider auprès des autorités congolaises pour la gratuité de l’école primaire ; et cela est toujours à l’ordre du jour dans nos plaidoyers» insiste Emmanuel Tchibangu, responsable du programme éducation au sein de l’Unicef à Bukavu.

Les grossesses précoces

Des nombreux messages arrivés par SMS au système de Femme Au Fone (FAF) confirment les manques de moyens des familles comme une des causes, et ajoutent une autre : les grossesses précoces des jeunes filles ; un grand nombre des SMS parlent de cette cause très grave d’abandon des études.
La ministre provinciale en charge de l’éducation primaire, secondaire et professionnel, Madame Bernadette Masoka confirme cet avis des femmes des territoires.  Cette cause est la plus frustrant et révoltant : lorsque la fille tombe enceinte, les responsables scolaires, les  parents et toute la communauté la prive du programme scolaire.  « L’enfant fille tout comme garçon, ont tous droit à l’éducation, a quoi bon réduire les chances de la fille? » Dit-elle à FAF, indignait.
La ministre affirme que son ministère, en partenariat avec d’autres organisations qui oeuvent dans le secteur éducation, continuent de chercher des mécanismes pour ne pas seulement envoyer les filles à l’école, mais également de les y retenir.

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