Dans la province du sud Kivu, à l’est de la république démocratique du Congo, la majorité des femmes n’accèdent pas au pouvoir coutumier. Ce pouvoir est naturellement réservé aux hommes, selon les traditions et les coutumes. Ce qui fait penser à une certaine opinion que la femme ne mérite pas, ou est incapable de gérer une entité coutumière comme la chefferie ou le groupement. Dans la plus part des traditions et coutumes de la province du Sud-Kivu, la marginalisation de la femme date des temps anciens. En ce temps là, par exemple, la femme ne pouvait pas parler aux hommes tout en étant débout. La femme ne pouvait pas approcher aux hommes quand elle est dans la période de menstruation, elle ne pouvait pas saluer les hommes sans faire de génuflexion, etc. Ces mêmes traditions, et coutumes n’ont pas milité en faveur de la scolarisation de la jeune fille. Seuls les garçons pouvaient être envoyés à l’école car les jeunes filles n’étaient bonnes qu’à être mariées. Et donc, pas question de perdre l’argent pour une personne qui est destinée à vivre dans la famille de son mari. Les gardiens de la coutume ont pendant longtemps fait croire à l’opinion que seuls les garçons naissent avec des signes de pouvoir. Cette croyance est soutenue par beaucoup de chefs coutumiers, à l’instar du chef de la chefferie de BASILE, KALENGA RIZIKI Lucien en Territoire de Mwenga située à plus de 100Km de la ville de Bukavu, qui déclare : « les ancêtres ont légués le pouvoir aux hommes et non aux femmes. Cette situation n’a pas encore changé, en dépit de l’existence d’un arsenal juridique tendant de plus en plus, à valoriser rôle de la femme dans la société ».
Femmes régentes
Seules les femmes des chefs coutumiers, lorsque le chef meurt et que son fils qui doit lui succéder n’est pas encore disponible, ou n’as pas encore atteint l’âge majeur, assument la fonction de régente en attendant que le fils ayant droit récupère son trône. Le pouvoir de la mère régente ne se limite qu’à expédier les affaires courantes. Elle ne peut en aucun cas se substituer au chef de la chefferie. C’est le cas de madame Espérance M’ BAHARANYI, régente de la chefferie de LUHWINJA depuis maintenant plus de 10 ans. A la mort de son mari, le chef de la chefferie de LUHWINJA, le fils héritier était encore petit.
Maintenant, il a grandi mais il préfère d’abord terminer ses études avant de prendre possession de son trone. La mère régente Espérance M’BAHARANYI reconnait qu’elle assume l’intérim de son fils mais ne prétend pas avoir son pouvoir. Car, selon elle, « dans nos traditions, une femme ne peut pas diriger une entité coutumière. »
En sa qualité actuelle de députée provinciale, elle regrette tout de même le fait que cette tradition viole les articles 12, 13 et 14 de la constitution de la RDC qui garantissent aux femmes le droit d’occuper des postes de décision dans toutes les institutions du pays, sans discrimination.
L’espoir est permis
Avec le temps, ce pendant, certaines personnalités de la province estiment qu’il est discriminatoire d’écarter la femme de la gestion du pouvoir coutumier. « Tout cela relève de l’égoïsme masculin. Mais aussi parce que tous les gardiens de la coutume sont des hommes », remarque madame Césarine NABINTU, une paysanne d’une cinquantaine d’années. Une lueur d’espoir pointe à l’horizon. Et pour preuve, le chef de la chefferie de Ngweshe en territoire de Walungu, pierre NDATABAYE WEZA3,a nommé une femme, Aldegonde M’BASHIGE, pour diriger le groupement de NDUBA, un de 16 groupements de sa chefferie. Et il ne se plaint pas de la manière dont cette femme s’y prend pour diriger ce groupement.

Marlaine ZAWADI

 

 

3 thoughts on “Sud Kivu : pouvoir coutumier interdit aux femmes

  1. C’est pourquoi les femmes doivent se mettre ensemble comme l’AFEM pour lutter contre touts ces antivaleurs.

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  2. Mes Félicitation pour le MWAMI NDABATABAYE WEZA III cet homme véritablement gardien de la coutume qui comprends que ces discriminations ne sont pas de la coutume vraie mais plutôt de l’égoïsme des hommes.
    La gouvernance de Madame ALDEGONDE M’ BASHIZI est positivement remarquable dans le groupement de NDUBA où une enquête récente a démontré que c’est le groupement où dans les deux derniers mois , il y a eu plus d’entretien des routes dans le territoire de WALUNGU. D’autres performances démontrent que la femme peut faire mieux que plusieurs hommes.

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