Beaucoup de femmes de Bukavu, chef-lieu de la province du Sud-Kivu, font le commerce des produits vivriers en provenance de la province voisine du Nord-Kivu. Ces produits sont notamment les farines de maïs et manioc, le haricot, la pomme de terre, les poissons fumés et salés, etc. Ils sont acheminés à Bukavu  par des bateaux  qui assurent le transport des personnes et des marchandises, entre les deux provinces, par le lac Kivu. Malheureusement, chaque fois que les armateurs sont en grève, ce sont les femmes vendeuses de ces produits vivriers et la population consommatrice qui sont les premières victimes.Si pour les armateurs, leurs grèves constituent une stratégie de revendication afin que l’autorité de tutelle revoie à la baisse le nombre des taxes à payer par les bateaux ; pour les femmes  vendeuses de produits  vivriers en provenance du Nord-Kivu, par contre, ces grèves constituent une double crucifixion. Non seulement elles font faillite parce que leurs marchandises pourrissent dans des dépôts à Goma, mais aussi elles ne peuvent plus rembourser les crédits qu’elles contractent dans différentes coopératives d’épargne et de crédit, COOPEC. Ces femmes  s’endettent ainsi pour  avoir le capital de commerce, leurs maris étant incapables de leur procurer ce capital suite à la médiocrité de leurs salaires.

Un constat désolant

Chaque fois que les armateurs  du lac Kivu sont en grève, le constat est le même : des produits vivriers qui pourrissent dans des  dépôts à Goma, alors qu’à Bukavu le manquent  de ces produits est décriant au marché ; la hausse de prix de ces produits sur le marché, pour les rares  qui peuvent y être  encore visibles, des signes de famine dans plusieurs familles de Bukavu car pour les vendeuses de ces produits , le revenu pour la  survie de leurs  foyers  diminue sensiblement et pour les consommateurs , ces denrées les plus consommées manquent dans l’alimentation journalière. Les voyageurs sont bloqués de part et d’autre de deux provinces.

Ceux qui ont des urgences inclus les femmes commerçantes qui court derrière le temps pour le remboursement des crédits des COOPEC empruntent la voie routière, nonobstant le très mauvais état de la route, ou encore des canots rapides du gouvernement provincial et les barges de la Société National de Chemin de fer au Congo (SNCC en sigle), au risque des naufrages du haut sur chargement et à la vétusté des moteurs.

Non à la surtaxassions

La raison principale qui pousse les armateurs du lac Kivu aux grèves c’est la contestation de certaines taxes qu’ils qualifient d’une part d’illégales, car ne figurant pas sur la nomenclature officielle des taxes à payer et d’autres parts s’insurgent contre le nombre élevé des taxes qui leur revient à payer. La dernière  grève des armateurs remonte du mois d’Avril 2014. Selon le président de l’association des armateurs du lac Kivu, ASSALAC, Monsieur Prudent MPAMA, les armateurs ont protesté contre le payement de la taxe sur les produits manutentionnées car, a-t-il ajouté, payer cette taxe  signifie majorer le prix du billet de voyage par bateau. Ce qui préjudicierait les voyageurs. La seule façon de faire pression aux gouvernants, c’est d’entrer en grève, conclut Prudent MPAMA.

2 thoughts on “Grève des armateurs du lac Kivu : Les femmes paient les frais

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