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Plusieurs années après sa disparition, le café du Kivu –Kahawa ya kivu- dans la langue swahili, retrouve petit à petit sa place sur le marché local, national et même international.  La culture du café change la vie de plusieurs agriculteurs, tel que le montre cette histoire de Joséphine Matabaro.Natifs de Katana dans le territoire de Kabare, les parents de Joséphine appartiennent à cette génération où la seule activité qui gênerait le revenu pour la plupart des familles était le café: « mes parents ont vécu du café, mes frères, sœurs et moi-même avons été nourris, vêtus et même scolarisés grâce au café (…) c’était une richesse pour les familles il y a une soixantaine d’années(…)».  Raconte Joséphine.

Maintenant, l’avenir du café ne lui fait plus peur, sa joie est immense, un futur meilleur se dessine sous ses yeux : Le café vient de renaitre, le café vient de renaitre, le café vient de renaitre! répète sans cesse Joséphine Matabaro, une cinquantaine,  toute excitée. Le fait de voir  de nouveau le café pousser et être cueilli  dans son champ la réjouit et la rassure : « ce n’est plus un rêve desormais! »

Le café endormi depuis 1992

Après la zaïrianisation, les belges, les indiens et d’autres exploitants du café  sont partis. Quelques années après, d’autres acheteurs qui valorisaient la culture du café ont disparu un après l’autre.  L’avenir du café est devenu sombre, trouver les clients devenait de plus en plus difficile. Les rares personnes qui venaient de la ville de Bukavu pour acheter le café exigeaient une grande quantité mais payaient à un moindre prix. Les cultivateurs sont alors contraints d’aller chercher des clients dans les pays voisins de la RD-Congo : « ça n’a pas été facile ! J’ai vu des cultivateurs se noyer au cours de leur traversée par pirogue, maltraités à leur arrivé au Rwanda,  le prix leur imposé, et ne rien gagner à la fin!», Joséphine raconte.

Avec cette expérience, les habitants des territoires de Kabare et Kalehe en général, et particulièrement ceux de Kabamba, se sont découragés. Ils ne cherchaient plus des acheteurs, le caféier a commencé à servir de bois de chauffe pour la cuisine. Arrachés les uns après les autres dans les champs, les caféiers ont disparu des champs.

Ressusciter le café coûte que coûte

En 2011, Catholic  Rescue Service (CRS), commence ses interventions dans les territoires  Kabare et à Kalehe. Après l’exploration, ils ont conclu que les terres et le climat de ces territoires,  demeurent propices  pour reprendre la culture du café. L’idée derrière est d’exécuter des projets avec les cultivateurs du café réunis en coopérative. Préconisé et réalisé, en 2013 le rêve devient une réalité : passant par Eastern Congo Initiative (ECI), le CRS donne aux cultivateurs réunis en coopérative, des machines et des matériels nécessaires et adaptés pour accroitre la production du café.

Actuellement, Joséphine est  membre du conseil de surveillance de la Coopérative des Producteurs du Café de Kabamba (CPCK) qui s’est assigné comme objectif de «promouvoir  la culture du café et d’améliorer les conditions de vie des cultivateurs du café».

«Maintenant j’ai un revenu qui me permet de répondre aux besoins de ma famille. Chaque année je produis près d’une tonne de café que je revends auprès de la CPCK qui achète à très bon prix.  Cette coopérative joue vraiment un rôle crucial dans l’achat du café», relate Joséphine toute heureuse.

Désormais, Les investisseurs viennent de partout pour soutenir la culture du café dans le Sud-Kivu. En juin 2015, un groupe d’investisseurs venus des États-Unis, de la Corée du Sud, de l’Angleterre ont participé à un concours de dégustation du café.  A l’issu de la dégustation, ils ont conclu que la qualité du café produit par  la CPCK est parmi les meilleures. Ainsi donc, ils ont promis de porter le Kahawa Bora ya Kivu à la connaissance du marché international.

Maguy Buhendwa

 

3 thoughts on “Le ‘Kahawa Bora ya Kivu’, ce café qui renait et attire de nouveau!

  1. Nous étions élèves quand le café était la culture de rente pour notre famille. D’un coup nous l’avons vu disparaitre. Mais grace au projet “kahawa bora ya kivu” nous nous retrouvons autour de cette culture encore,et aujourd’hui jesuis fier d’etre lecomptable de la CPCK qui encadre aujourd’hui 1460 membres regroupés dans six localités en raison de six antennes. Une réalité s’observe du faite que la production s’accroit dans les trois années du projet et nous espérons qu’elle sera plus et meilleure dans l’avenir. John Mudumbi Comptable de la CPCK

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  2. c’est une joie d’avoir comment aussi le cafe du kivu dans la rdc commance a avoir le renome.seulement aussi vous n’avez pas arrive a kalehe pour voir le deux cooperatives ausssi partenaire du projet kahawa bora ya kivu d’ou:kacco,ccka

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