Ruzizi II

Six heures du matin, les femmes, les hommes et même les jeunes, vendeurs des produits vivriers et articles divers s’empressent déjà pour aller de l’autre côté de la frontière – au Rwanda- faire des achats et rentrer à Goma pour les revendre.A la petite barrière, une douane Rwando-Congolaise située au quartier Mapendo, à l’est de la ville de Goma « plus de 3.000 vendeurs sont rançonnées chaque jour par les services officiels au sortir et à l’entrée de la douane Congolaise ». A ces services se joignent d’autres personne appelées « les antis-gagnes » qui se font passés pour des agents de sécurité. L’accès à la douane Congolaise est quelque fois conditionné par l’achat à 200 francs congolais d’un jeton bien que son acquisition soit officiellement reconnue gratuite.   

Les agents recouvreurs de la douane Congolaise, mandatés par différents services tels que  la Direction Générale de Migration (DGM), la Direction Générale des Douanes et Assises (DGRAD), l’Office Congolais de Contrôle (OCC) et le Programme National d’Hygiène aux Frontières (PNHF), le nombre exact de ces derniers difficile à déterminer se tiennent en ligne aux alentours des bureaux et bousculent les vendeurs pour exiger d’eux le paiement des taxes. Petites soient-elles, ces taxes varient d’un service à un autre, en nature ou en espèce, équivalent  1000 à 2000 francs congolais par colis de marchandises.

Difficile d’échapper à la vigilance de ces hommes et femmes qui rançonnent les vendeurs, ravissent même des produits auprès de ceux  qui manquent le montant exigé, certaines victimes encaissent souvent des pertes de leurs biens.  Charlotte  Mbiya relate son triste témoignage : « J’ai été atrocement giflée par un agent de l’OCC qui tenait à soutirer quatre œufs de mon bassin. Déséquilibrée, je me suis retrouvée dans un ravin, mon bassin renversé. Rien n’a été récupéré de mes cinq plaquettes d’œufs d’une valeur de 15dollars dont j’espérais réaliser un bénéfice de 2.000 francs congolais ».

Selon Pierre Bashoshere, secrétaire de l’association des vendeurs d’huile de palme à Goma, ces douaniers devraient être traduits en justice.

A propos, un responsable d’un des services douaniers qui préfère  garder l’anonymat affirme que : «  le pourcentage que les services douaniers doivent verser au trésor public ne provient pas de ce petit rançonnement mais plutôt des commerçants reconnus par la loi. Dans tout ce que nous voyons ici, mes collègues cherchent seulement à remplir leur poche ».

Face à ces tristes réalités, la Fédération des Entreprises du Congo (FEC) est en train d’instaurer un système qui va regrouper les vendeurs en association. Et cela à travers son programme de contribution d’appui aux initiatives patronales (CAIP), un moyen de les aider à échapper aux tracasseries de tout genre.

Toute fois Kembo Amunasi, le superviseur du dit programme en appelle à la responsabilité du gouvernement : «  Nous demandons à l’Etat congolais de faire respecter les textes qui régissent les services affectés aux commerces transfrontaliers pour pallier à ce problème ».

 

Sarah Nsimire/Goma

 

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