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Les maisons en construction  et les parcelles terrassées poussent comme  des champignons au cimetière  de  Ruzizi, situé  dans le quartier Nyalukemba, dans la commune d’Ibanda à Bukavu.

Cette situation au cimetière de Ruzizi s’observe malgré la décision du maire de la ville, interdisant la vente des parcelles  et  les constructions dans l’espace de ce cimetière.

Les familles qui ont enterré les leurs dans ce cimetière il y a 10 ans se plaignent de ne plus retrouver des traces de tombes simplement parce qu’ils ne l’ont pas fait en matériaux durable. Dès lors se pose la question : du respect de champ de morts.

A part des maisons, des champs sont bien aménagés à ce niveau où sont plantés souvent des légumes.  Les enfants n’ont pas peur de transformer cet endroit destiné au repos des morts à un  terrain de football.

Ou enterreront- nous les morts ?

Les personnes rencontrées au cimetière, se disent indignées de constater que de nouvelles maisons sont en construction, sans connaitre qui accorde l’autorisation. « Nous voyons venir les agents de l’Etat sur ce cimetière, pour y placer des bornes ; après un temps, on observe les gens venir et commencer à terrasser les parcelles. Cette situation nécessite une prise de conscience des autorités et même des administrés » raconte un habitant du quartier Nyalukemba.

« Qui peut-on encore respecter quand l’on ne respecte pas les morts ! Tenez, je suis venu voir la tombe de ma mère, mais malheureusement, voilà c’est une maison en construction que je vois sur le lieu où nous avions laissé sa dépouille  » déplore Alain Cisika, un jeune rencontré au cimetière.

« La plupart de fois, quand nous venons enterrer nos morts, nous constatons que presque tout l’espace de cimetière est envahi par des parcelles et maisons des particuliers. Je me demande, d’ici peu de temps où nous allons amener nos morts ? »  fustige Sophia M’Wagainda.

« Je suis veuve, mon mari qui est tout pour moi et mon enfant sont morts, nous les avons enterrés ici. Sur leur cite, j’y cultive, ça fait plus de trois ans. Voilà aujourd’hui, je constate avec regret, les particuliers venir déterrer, leurs tombes et y ériger des parcelles. Nous sommes dans quel pays ? » s’indigne, Rosette Nabigiri.

Une situation qui dérange

Les acteurs de la société civile se posent la question  de savoir à quel niveau se situe le problème : pourquoi  certains agents de l’Etat censés faire respecter la loi, se comportent en vendeurs des parcelles? Pourquoi le silence de l’autorité face à cette situation ?

Une pétition dénonçant la spoliation du cimetière de Ruzizi et appelant le maire de la ville à s’expliquer  sur cette situation, a été déposée à l’assemblée provinciale, par Kake Bulindi, un acteur politique de la ville de Bukavu.

« Nous sommes venus avec les journalistes ici au cimetière de Ruzizi, pour  prouver à la face du monde que ce cimetière, est en train d’être vendu au  jour le jour. Les maisons et parcelles continuent à s’ériger. Les gens qui achètent sont connus, mais les vendeurs qui sont-ils ? Nous attendons que le président de l’assemblée provinciale engage une action de contrôle sur cette situation de profanation et de spoliation, et que le maire soit interpellé, pour s’expliquer ! », confie Kake Bulindi.

« Cette situation est grave, il est temps d’agir, n’attendons pas que les morts se fâchent » exhorte, Charlotte Mulegwa, une victime de la profanation.

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