Des enfants ABAndonnes

Les cas d’interruption volontaire de grossesse continuent d’être enregistrés dans la ville de Bukavu. Des filles et femmes avortent délibérément et abandonnent les fœtus dans la rue ou dans des caniveaux. Le cas le plus récent est celui survenu au quartier Kasali , dans la commune de Kadutu,  dans la nuit du 22 au 23 mai 2017, où un garçonnet de 8 mois et demi est né, retrouvé jeté et abandonné par sa mère dans le collecteur Tuonane.

Le chef de quartier Kasali, Marcellin Ramazani a confirmé ce cas d’avortement. Celui-ci a rapporté deux autres cas enregistrés dans son entité  depuis le début de cette année 2017.

Suite à cet incident, une réunion urgente avec les cadres de base a été convoquée dans ce milieu. A l’issue de cette réunion, il a été convenu que  des séances de sensibilisation porte à porte seront organisés pour découvrir l’auteur de cet acte.

Certains habitants dans la ville de Bukavu expliquent ces cas d’avortements par le  manque des moyens, la crainte d’être refoulée  à la maison et le refus  de la paternité ;  qui poussent aux filles de ne pas garder leurs grossesses à terme.

D’autres déplorent la léthargie de l’Etat congolais quant à l’applicabilité des lois qui interdisent l’interruption volontaire des grossesses ; une situation qui accentue les pratiques d’avortement.

Le  code pénal congolais en son article 165 et 166  livre deux, punit sévèrement tout avortement provoqué sur soi-même ou par autrui. La loi réprime de 5 à 10 ans de servitude pénale pour un avortement sur soi-même et de 5 à 15 ans  sur  autrui.

« La loi congolaise autorise un médecin à faire avorter une femme si seulement sa vie est en danger à la suite de cette grossesse. Il s’agit d’un avortement thérapeutique » signale le directeur de Cabinet au ministère de la  Justice, Donatien Mulume.

« Les femmes et filles qui interrompent leur grossesse perdent généralement beaucoup de sang ; une situation qui peut conduire au décès » affirme l’assistant technique au programme national santé de la reproduction ;  docteur Socrate Cuma Byamungu.

Docteur Cuma Byamungu précise que l’interruption  volontaire d’une grossesse  peut également être à l’origine de plusieurs problèmes de santé. Il invite les filles et femmes à observer une abstinence  pour éviter des grossesses non désirées.

« Nous demandons non seulement à l’Etat congolais de s’impliquer pour punir les coupables de l’avortement ; mais aux familles aussi, de s’impliquer dans ce problème, car celles qui avortent vivent dans des familles » propose une habitante de Bukavu, Regine Mweze.

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