LOyer

Le phénomène d’enlèvements des enfants et jeunes se porte bien ces derniers temps. Les semaines passent avec des cas des personnes kidnappées en ville, puis libérées après avoir payé des billets verts aux ravisseurs. Cette question préoccupe société civile et autorités politiques. Encore plein des zones d’ombre sur ce phénomène !

Je me suis retrouvé dans un cachot métallique tout neuf, au milieu d’une vaste forêt que j’ignore. Tout est parti d’un appel des gens qui disaient avoir des ordinateurs que je pouvais leur réparer. Ils m’ont servi du jus, peu de temps plus tard, j’ai été immobilisé jusqu’à perdre conscience. Ils m’ont transporté dans cet état dans un taxi vers une destination inconnue ».

C’est un témoignage poignant de Junior Muderwa, étudiant en informatique à l’université Catholique de Bukavu, UCB.

Environ dix cas recensés

Dans les deux derniers mois, plusieurs cas ont été enregistrés à Bukavu. La nouvelle dynamique de la société civile dénombre plus de cinq cas entre le mois d’avril à  mi juin 2017.Ce phénomène récent vient remplacer celui de la corde suicidaire KABANGA qui a fait parler de lui pendant un temps. A ces jours, des otages seraient amenés à des endroits lointains de la ville où ils réalisent presque une semaine avant d’être libérés à condition de payer une rançon. Les ravisseurs l’exigent aux familles de victimes via les réseaux de téléphonie cellulaire très en vogue au pays.

D’après, cet étudiant de l’UCB, de nombreux otages étaient engouffrés dans un petit coin en forêt. Ces kidnappeurs  non autrement identifiés intimident tant les familles des victimes que les victimes elles-mêmes à qui ils demandent des sommes faramineuses d’argent sans quoi ils promettent de les tuer.

« J’ai vu un papa que l’on torturait parce qu’il hésitait de payer 20 .000 $. C’est quand il a finalement accepté de verser cette rançon que les bandits ont cessé de le rouer des coups. »

Le père  d’une fille enlevée à Bagira, à savoir Annuarite Bigomkere, témoigne avoir vendu des  appareils électroménagers pour recouvrer la liberté de la victime.

« Cette situation nous remet matériellement à zéro. J’ai presque tout vendu pour obtenir un montant de plus de mille dollars à envoyer à ces gens-là. C’est triste. Le lendemain, ma fille a été jetée aux alentours de l’institut Bwindi dans un état de fatigue générale. »

Dénoncer et collaborer

Mathilde Muhindo dénonce cette pratique inexplicable dans une province qui regorge des services de sécurité.

« Qui s’occupe des enquêtes pour dénicher ces ravisseurs ? Où sont incarcérés les otages ? Pourquoi ne pas interpeller ces maisons des télécommunications dont les cartes Sim sont utilisées par ces hors-la-loi ? Aucune réponse rassurante à ces questions jusqu’à preuve du contraire ! »

Et le rapporteur de la nouvelle dynamique de la société civile, NDSCI, patient Muronzi d’ajouter :

« Les services de sécurité ont quelque peu défailli à leur mission puisque les enquêtes policières n’aboutissent pas réellement. Sauf quelques cas isolés des présumés ravisseurs d’enfants présentés à la population. C’est encore une goutte d’eau dans l’océan. »

De son côté, le directeur de cabinet au ministère de l’intérieur, Josué Bodji, renseigne que la police d’investigation criminelle est à pied d’œuvre pour démanteler ce réseau maffieux.

« Des efforts sont fournis pour mettre la main sur les auteurs de ces enlèvements. Sans paniquer, la population devrait collaborer avec les services habilités afin d’en finir avec cette pratique incivique. »

Neema Mungu Akonkwa Carine, défenseure des droits de l’homme propose de s’attaquer aux racines du mal.

« Les causes de ce phénomène sont notamment le chômage des jeunes et l’irresponsabilité des services sécuritaires. C’est à cela qu’il faudrait s’attaquer d’abord ».

Ces types d’enlèvements illustrent bien le souci d’appât du gain facile, mais nous devrons unir nos forces pour décourager les auteurs de cette ignominie.

 Jean Paul BADIBANGA

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