Femmes de Kalehe Minova

« Je suis veuve depuis 7 ans et j’ai 4 enfants . Depuis le décès de mon mari, j’ai toujours été méprisée par ma belle-famille et traitée de tous les maux. Après le décès de mon mari,  j’ai perdu la moitié de nos biens, car  mon beau-frère avait décidé que ça soit ainsi  », précise Mme Anna Lwaboshi, veuve de son état.

Plusieurs veuves au Sud Kivu traversent des moments difficiles et vivent dans la détresse. Ces dernières  sont souvent abandonnées par les familles de leurs défunts maris aussitôt disparus.

Ce constat a été fait à Bukavu par un reporter de Mama Radio. Ces femmes souvent délaissées à leur triste sort prennent seules en charge la scolarité des enfants, l’alimentation, les soins de santé ainsi que tout autre besoin primaire de  la vie quotidienne.

La larme au cœur

La plupart des veuves sont sans emploi et/ou exercent le petit commerce  pour subvenir aux besoins de survie de leurs familles. Certaines qui sont rejetées par leurs enfants ne savent à quelle porte frapper. C’est ainsi qu’elles se livrent à  la mendicité  souvent forcée en circulant à longueur des journées dans les rues à la recherche des bons samaritains.

Marcelline Lukwesu, mère de plusieurs  enfants que son mari lui a laissés à sa mort témoigne:

« Nous, les veuves, faisons face à beaucoup de difficultés actuellement. C’est notamment, la scolarité des enfants et les nombreuses taxes que nous payons pour exercer des petites activités génératrices de revenu. Nous pleurons dans nos cœurs mais personne ne se soucie de notre détresse. J’ajoute aussi que nous sommes abandonnées par l’Etat Congolais  ».

Autant d’autres femmes traversent cette même situation de vulnérabilité. Pourtant, elles ont des enfants, des familles entières ainsi que des belles familles qui pourraient leur prêter main forte en ces moments de vie dramatique.

Peu d’efforts de solution

Pour  résoudre, tant soit peu,  les problèmes que rencontrent certaines veuves à Bukavu, différentes organisations éprises de la cause de la veuve et de l’orphelin ont vu le jour.

C’est le cas du CEFAP, le centre de droit de la famille et de son patrimoine  qui   organise des séances de sensibilisation et de vulgarisation  des textes de protection et de promotion des droits de la veuve et de l’orphelin dans la province du sud Kivu.

Même son de cloche pour Madame Jacqueline Ngengele, chef de division provinciale du genre, famille et enfant qui confirme que sa division fait de son mieux pour aider dans la mesure du possible les veuves en province :

«  Les actions que nous menons sont surtout des actions de sensibilisation sur les droits des veuves et quand nous exécutons certains projets sur terrain, nous tenons aussi compte des veuves pour qu’elles en soient bénéficiaires parmi bien d’autres vulnérables ».

Ces femmes lancent un cri d’alarme au gouvernement provincial et aux organisations non-gouvernementales œuvrant au Sud-Kivu de leur accorder une attention particulière afin d’améliorer leur situation.

Colette SALIMA et Proust MUSABA

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