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Les violences sexuelles à l’endroit des jeunes filles, et dans une certaine rare mesure, des garçons ne sont pas les seuls  faits qui troublent la dignité de cette catégorie des personnes à Bukavu. Il y a également le harcèlement moral, surtout en milieu scolaire et en famille. C’est une pratique dangereuse sur tous les plans pour les victimes, en l’occurrence les jeunes et enfants.

« A l’école, il m’arrive d’être chassée par l’enseignant qui ne veut pas de moi. Alors que mes collègues passent un examen, le professeur m’oblige avec injures grossières, d’aller ramasser les papiers  dans la cour de l’école », s’indigne une élève dans un établissement scolaire de la place.

Les parents pointés du doigt

En famille, cette pratique sévit également avec acuité. Ceux qui sont censés éduquer l’enfant semblent oublier leur rôle primordial en le harcelant à tout bout de champs. Bien des jeunes subissent moralement cette situation sous diverses manières.

« Mon papa entretient une inimitié féroce contre  moi à cause de mes préférences d’équipes sportives. Un jour, au salon, l’on regardait un match entre real et Barcelone. Puisque mon équipe favorite Real, menait le jeu, je commençais à crier de joie. Mon papa a tonné sur moi me disant que si je ne fanatise pas Barcelone, je devais sortir du salon. Depuis, quand il entre à la maison, je dois  effectivement sortir. Cette attitude s’accompagne d’une tonne des propos agaçants et démoralisants ».

Ce témoignage est pareil pour beaucoup d’enfants en familles à Bukavu aussi bien qu’à l’intérieur de la province .Une fille âgée de 19 ans ajoute être la risée de ses parents qui la poussent chaque fois à se marier, estimant que le temps d’attendre le mari dans le toit familial est largement dépassé. Nathalie se rappelle de ces propos qu’ils lui répètent sans cesse :

« A 19 ans, tu es déjà trop adulte pour t’occuper de ta cuisine et de ta chambre. Laisses nous tranquilles. Soit, tu es frigide, et là, nous acceptons d’avoir mis au monde une personne qui ne vaut à rien. »

Reconstruire les vies détruites

Cette habitude d’harceler les enfants en famille et à l’école devra être combattue. Selon la sociologue Venantie Bisimwa, cela n’est pas normal lorsqu’on sait que l’éducation de base vient plutôt de ces deux institutions sociales.

Elle précise : « les parents qui lancent des camouflets aux enfants sont en train de les détruire . Psychologiquement, les victimes sont dérangées. Comment comprendre qu’un père de famille ou éducateur scolaire a du mal à écouter le point de vue de l’enfant, et qu’une moindre réaction contraire de l’enfant suffise pour salir sa réputation ? »

Quelques parents de Bukavu pensent aussi que vu les conséquences de cette manière de traiter les jeunes et enfants, il  faut s’arrêter un peu et redonner la joie à l’enfant.

« Ces insultes auxquelles les enfants font face peuvent les pousser dans la rue. Déconsidérés en famille ou à l’école, ils auront du mal à croire en eux-mêmes. L’estime de soi est brisée ».

Les jeunes souhaitent un dialogue sans tabou avec les parents. « C’est difficile pour nous d’être épanouis pendant que nous n’avons pas assez de temps pour échanger avec les parents. Ils nous traitaient en ennemis à abattre moralement. Dans ce cas, nous ne pouvons rien faire qui puisse réussir. » Indique un jeune à la rédaction de Mama radio.

La sociologue, Venantie Bisimwa renchérit en ces termes :”  l’arme la plus efficace pour changer la société, c’est l’éducation des jeunes et enfants. Donc, les églises, familles et écoles devraient se concerter pour bannir ce genre des comportements dégradants et stressants envers les enfants”.

 

Jean Paul Badibanga

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