Fille en activite Kalehe

Les jeunes filles mères célibataires sont très visibles dans la ville de Bukavu ainsi que dans différents territoires.Elles vivent dans des conditions de vie socio- culturelle difficiles. Mal vues par les membres de la communauté, les filles mères sont dénigrées par certaines personnes qui les considèrent  comme des femmes aux mœurs légères. Une situation qui met les filles mères dans une insécurité sociale.

Objet des préjugés

Une  jeune fille du groupement de katana, en territoire de Kabare qui a requis l’anonymat, explique comment elle a été rejetée par la communauté après avoir été engrossée par son professeur.

« J’avais 16 ans en troisième année des humanités quand j’ai été tentée par mon professeur d’histoire. Un jour, il m’a appelé à l’école ; arrivée il m’a enfermé dans une salle de classe et m’a forcé à faire l’amour avec lui. Je suis tombée enceinte puis il a fui en me laissant la charge de la grossesse. J’ai traversé une période très difficile de ma vie car personne de mes amies ne s’approchait plus de moi, ni même les membres de ma famille. » S’exprimant en swahili, visage attristé, cette jeune fille de 17 ans regrette d’avoir été rejetée  et pointée du doigt stigmatisant.

Malgré qu’elles vivent une situation difficile, certains parents  rencontrés dans différents territoires de la province du Sud – Kivu, disent « que les filles qui ont mis au monde au bas âge n’ont pas droit aux mêmes traitements que d’autres dans la famille. Elles ont abusé de notre confiance. A cause de cette grossesse non désirée, auront – nous encore la dot à son mariage ? »

Mères, mais performantes

Bien que la société ait des préjugés et moqueries à l’égard des filles mères, certaines filles s’en méfient et reprennent la vie normale. En témoignent les propos de cette fille de Miti.

« J’étais filles mère à l’âge de 14 ans. Après une année je suis retourné vers mes parents pour demander pardon. Mes parents  m’ont ramené encore à l’école, et aujourd’hui j’ai mon diplôme d’Etat, et je suis en première année de Graduat.  Je suis intellectuelle et performante en dépit de cet accident de grossesse ou même de la stigmatisation sociale. »

Une autre fille de Mudaka partage son expérience positive malgré son statut de mère.

« Je suis fille mère et je ne bénéficie de rien de la part du père de l’enfant. Pour subvenir aux besoins de mon fils, je vends les bananes au centre de Mudaka. Ce qui fait de moi une femme financièrement indépendante et aujourd’hui je suis fiancée ».

Certains parents de walungu disent que c’est irresponsable de laisser l’enfant souffrir à cause de la grossesse accidentelle. Une dame de walungu témoigne du climat relationnel avec l’une de ses enfants qui a mis au monde avant l’âge majeur.

« Elle est tombée enceinte à l’âge de 16 ans alors que c’est elle qui était proche de moi et considéré comme ma fille exemplaire. Nous avons supporté cette grossesse jusqu’à l’accouchement, et après elle a repris ses activités scolaires. Aujourd’hui, elle est mariée. En cas de besoin c’est elle qui me vient au secours ».

La vice présidente de la société civile du Sud Kivu  Marie Migani conseille aux filles :   d’éviter des relations sexuelles non contrôlées avec les garçons, aux filles mères de ne pas perdre espoir et aux parents de cesser à discréditer les filles qui sont tombées enceinte avant l’âge.

François Cikuru Mihigo

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