Femme de Kabare

Malgré multiple sensibilisations sur la parité dans la gestion de la chose publique, les  femmes restent peu visibles dans les institutions de prise des décisions. A quel niveau la situation bloque ? La question est au centre des préoccupations des femmes leaders vu que près du Sud-Kivu, au Rwanda, la parité se porte bien.  

Le week-end dernier lors d’une rencontre transfrontalière d’échanges et d’analyses  sur les stratégies de promotion de la participation des femmes à la gestion de la chose publique entre les femmes de Cyangugu Ruzizi, au Rwanda et celles de Bukavu, en RDC, ce constat a été dressé.

Le choc

Selon Solange LWASHIGA, secrétaire exécutive du caucus de femmes congolaises du Sud-Kivu pour la paix, le Rwanda est en avance sur ce point.

« Apres analyse du contexte de l’équité des genres dans les instances décisionnelles, nous avons  trouvé  qu’au Rwanda, les femmes sont représentées à 65% dans le secteur politique. Tandis que dans notre province,  elles y sont à 15 %. »

Et elle va plus loin en martelant que même au sein de l’organe délibérant et d’autres services de la fonction publique, les choses vont mal.

« A l’assemblée provinciale, il n’y a que  trois femmes sur 36 députés, trois femmes sur les cinquante six membres des divisions provinciales, zéro femme bourgmestre sur les trois communes de la ville de Bukavu et trois femmes sur dix neuf chefs des quartiers »

Dans une recherche menée à ce sujet par une ONG de droit congolais, Research for women in leadership, REWIL international, les femmes sont même écartées dans la gestion d’institutions sociales. La directrice de cette structure, Annuarite ZIRHUMANA, se dit choquée par ce constat et précise :

«  Le Sud-Kivu ne compte qu’une femme médecin directrice d’un hôpital sur les cinq grands hôpitaux généraux de référence et deux femmes sur cinq sont  recteurs d’universités. Il y a de la matière grise, de l’élite toute faite parmi nous. Anormal ! ».

Comparaison égale raison ?

Qu’est ce qui justifie cette situation lorsque l’on se convainc que les femmes sont intelligentes, compétentes, visionnaires, disponibles et artisanes de paix pour mériter une place de choix en politique au Sud-Kivu ? Solange LWASHIGA  reconnait cela en expliquant qu’elles se heurtent aux nombreuses difficultés.

«C’est, entre autres, l’accès au pouvoir qui se fait plus souvent par la nomination, et non toujours, par élection contrairement au Rwanda où s’opère une forme de discrimination positive en faveur des femmes, l’égoïsme de   certains hommes à s’accaparer tous les pouvoirs, des coutumes rétrogrades, des fausses perceptions religieuses, la faible représentativité des femmes dans des partis politiques et consort ».

Face à ce sombre état de lieu de la participation des femmes dans la gestion de la chose publique, une femme leader de CYANGUGU recommande à ses consœurs congolaises de fournir plus d’efforts de promotion de cette égalité des genres.

« Elles peuvent le faire en s’appuyant à la constitution qui promeut la parité. Malgré ces menaces à leur participation, il est possible d’atteindre 50% de représentativité ».

La directrice de Research for women in leadership, REWIL international, propose aussi à d’autres femmes ayant des ambitions politiques « à mener inlassablement des plaidoyers, des séances de sensibilisation et d’échanges d’expériences sur la participation politique des femmes». Rien sans les femmes, dit-on actuellement, conclut-t-elle.

Louise Busane et Jean Paul BADIBANGA

Ecrire un commentaire

requis

<a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <strike> <strong>